lundi 6 septembre 2010

Everything that has a beginning has an end


Ca fait déjà plus d'un mois que c'est terminé, qu'on est rentré dans notre petite France et qu'on écrit plus sur ce blog. On avait pourtant programmé d'écrire un ou deux articles sur notre dernier week-end, pour clôturer ce blog. Et puis, les retrouvailles, le mauvais temps, les vacances, le soleil, la rentrée... bref, on est passé à autre chose. On s'est doucement remises du décalage horaire, acclimatées aux températures d'un mois d'août francoglacé. Après ça, on était plus surprises des voitures minuscules se poussant sur des routes étroites, des monuments taillés dans la pierre plutôt que coulés dans le béton et des rues où résonnent en dolby digital 5.1 les bavardages touristiques en multilangues.
On avait retrouvé notre vieille Europe, si proche et si éloignée de la bouillante Amérique. Notre train-train quotidien de frenchy avait vite remplacé celui charbonneux et aventureux de cowgirls avides de pépites d'or. De ces trois mois, restaient un peu plus de 21 Go et un peu moins de 4 000 clichés. Souvenirs numériques de notre séjour: big trucks réduits à quelques pixels de hauteur, cookies colorés dégustés depuis déjà longtemps, smoothies dont l'écran à cristaux liquides ne peut retransmettre la saveur glacée, cowboys désarticulés et taureau surexcité figés ensemble dans l'éternelle poussière d'un rodéo estival, couchers de soleil en bord de mer et sourires bien à l'abri sous les chapeaux texans.
L'aéroport, l'avion, le vol étaient les derniers riffes du morceau. Une fois la guitare posée, on se souvient difficilement de ces petites notes qui nous berçaient quotidiennement. Le réveil par la tondeuse, la moiteur dans les vêtements propres, les détours que l'on faisaient à cause des travaux sous les yeux des écureuils, la course sur le passage piéton, la gratitude sans limite à l'air conditionné, les rires incontrôlables devant les regards amoureux des bodybuilders à leur propre corps, le café savouré bien calé au fond du fauteuil du Starbucks, les Double Quarter Pounder commandés après avoir salué Kevin derrière sa caisse, les pourboires remis au jeune livreur de pizza au volant de sa berline, les cris des cheerleaders, les battes des joueurs de baseball, et eux. Eux les américains, dévorant six pancakes et 16 oz de coca au réveil, habillés tous les jours en tee shirt et en short mais toujours souriant et accueillant.
Alors, oui, on est revenus chez nous. On a arrêté de penser tout haut (surtout dans les magasins) et on a du réquisitionner notre pied gauche pour conduire. Et comme après un bon concert, encore pleines de sueur et la voix cassée, nos oreilles résonnent encore. Acouphènes en V.O. c'est tinnitus, vous vous coucherez toujours moins cons ce soir, c'est un début.